Je m'aperçois que je n'ai jamais écrit de chronique sur un roman de Didier Daeninckx pourtant l'un de mes auteurs préférés. C'est tout simplement parceque je n'ai pas lu de livres de cet auteur depuis que je tiens ce blog. J'ai découvert celui-ci à la médiathèque, je l'avais raté à sa sortie. Ce n'est pas un polar ou un thriller bien qu'il soit parcouru par une énigme.

C'est un roman typique de l'oeuvre de maître Didier, à travers un récit qui nous tient en haleine, il visite un moment de l'histoire de notre pays. Comme toujours l'arrière-plan est imbibé de politique. En l'occurrence la banlieue rouge dans les années soixante, sorte de république autonome baignant dans une contre-culture communiste.

Le titre est tout un programme à lui tout seul, camarades, référence à l'appellation utilisée par les membres des partis communistes et socialistes à l'époque où on croyait que le monde pouvait changer. Classe rappelle la base de l'analyse de l'histoire marxiste, la lutte des classes.

Camarades-de-clae

Le roman établit des passerelles entre le passé, des gosses d'Aubervilliers fréquentant une même classe en 1964 et le présent de ces mêmes personnes qui se retrouvent sur un site "camarades-de-classe.com". La narratrice Dominique, intercepte accidentellement un mail dirigé à son mari, François, lequel cadre d'une entrprise pharmaceutique vit difficilement les restructurations décidées par le groupe. Invitée par un des anciens condisciples de François, elle se prend au jeu et prend la place de son mari sur le chat du site. La dureté du monde économique d'aujourd'hui fait le contrepoint à la société fraternelle et pleine d'espoirs des ouvriers de la banlieue rouge.

L'évocation des années soixante est pour l'auteur l'occasion de revenir sur la vie à Aubervilliers avec l'omni-présence du parti communiste. Pour avoir vécu dans une ville de ce type à la même époque, je peux témoigner du réalisme du roman. Jusqu'aux reprises en main des vélleités de sortie de l'orthodoxie communiste. 

 

L'irruption d'Armhur Tarpin, un des anciens de la classe dissimulé par un pseudonyme, introduit un grain de sable dans la mécanique des retrouvailles en ligne. Comme toujours chez Daeninckx la peinture d'une époque n'empêche pas la cosntruction d'une intrigue qui vous pousse à continuer votre lecture jusqu'au dénouement final qui vous surprend comme les meilleurs romans à suspense. Il est certain que si les thèmes dont je viens de vous parler ne vous intéressent pas, la qualité de la narration ne suffira peut-être pas à vous captiver. Dans le cas contraire le roman est une réussite que j'ai lu avec beaucoup de plaisir.