Une fois n'est pas coutume. Je dois avouer que pour la première fois j'ai été emballé sans réticences par un roman écrit par une vedette de l'édition.

Dans Surtensions Olivier Norek décrit avec un réalisme cru la vie carcérale, ne nous cachant rien sur les raisons qui ont fait de nos prisons des jungles qui fabriquent des fauves et ne font rien pour réinsérer les prisonniers. Nous suivons un groupe de pensionnaires du Centre pénitentiaire de Marveil : Nano, Machine, Scalpel, Cuistot, Doucey. Tous ces personnages n'ont pas pour seul point commun d'être enfermés dans la même prison. Leur trajectoire finira

surtensions

par converger de manière très surprenante. Parallèlement à ce récit en milieu carcéral, l'auteur met en scène un enlèvement qui fait penser à celui de Ilam Halimi par le gang des barbares. L'enquête sera menée par le capitaine Coste, héros récurrent de l'auteur. Autre action, Alex, la soeur de Nano, cherche à faire sortir son frère de Marveil avant qu'il y laisse sa vie. Ils font tous les deux partie d'une famille de truands corses ce qui ne sera pas neutre.

Tous les personnages qu'ils soient flics ou truands sont fouillés. L'auteur est policier, cela donne un réalisme rare à son roman. La description des actions de la police respecte les aspects procéduraux oubliés très souvent par les auteurs (moi le premier) de polars. Cette dimension est même un des moteurs du roman, je vous laisse découvrir comment.

Les personnages sont tous traités comme des êtres humains et pas comme de simples stéréotypes. De même coupables ou innocents l'auteur ne les juge pas, pour cela il fait confiance au lecteur. Les relations entre eux sont complexes et parfois surprenantes. Bien sûr le capitaine Coste est un flic tourmenté ce qui est courant dans la littérature policière contemporaine, mais Norek nous épargne les clichés du genre. La dimension collective du travail policier est très présent, ici pas de trait de génie d'un super cerveau trouvant la solution là où tous les autres ont échoué. Les moyens technologiques utilisés par les enquêteurs et les truands sont décrits de manière détaillée et réaliste. Là aussi la profession de Norek permet de distiller la dose de réalisme qui rend son roman si intéressant. L'auteur a un style qui lui est propre, au service du récit, créant une atmosphère et donnant sa saveur au roman.

L'auteur évite même l'écueil du happy-end, mais je ne vous en dirai pas plus.

Autre sujet de satisfaction ce livre se déroule principalement en Seine Saint Denis, pas aux USA ou dans les milieux que fréquente la jetset. Je travaille dans ce département et là aussi j'ai trouvé la description très réaliste, sans diabolisation ni misérabilisme.

Bref un roman qui m'a beaucoup plu. Il ne me reste plus qu'à lire les autres romans d'Olivier Norek.