J'ai découvert ce roman suédois à travers son adaptation au cinéma par Stuart Rosenberg. C'était la première fois (en 1973) qu'un roman policier suédois était adapté par Hollywood sous le titre THE LAUGHING POLICEMAN, l'action était transposée à San Francisco et l'interprète principal était le formidable Walter Matthau. Le film sans être inoubliable m'a donné envie de découvrir les romans du tandem suédois. Je ne l'ai pas regretté.

Le couple littéraire, mais aussi dans la vie, a écrit 10 romans. J'ai choisi de vous parler du meilleur de la série, selon moi. Quelques mots sur l'intrigue : le roman commence par le récit d'une manifestation contre la guerre du Vietnam. L'action se passe dans les années soixante à une époque où cette guerre mobilisait la jeunesse de gauche de toute l'Europe de l'ouest (souvenirs, souvenirs). L'énigme qui nous est offerte débute au deuxième chapitre, un autobus est retrouvé dans une rue de Stockhlom, tous les passagers et le conducteur ont été assassinés par balles. Un seul survivant, très provisoirement, auquel les policiers ne pourront arracher que ces quelques mots : "Qui a tiré ?
- Dnrk.
- A quoi ressemblait-il ?
- Samalson."

Un adepte du "whodunit"  aurait pu commencer un roman comme ça. Mais les deux auteurs ne sont pas Agatha Christie, ils se servent de leurs romans pour faire une peinture sans concessions de l'état providence suédois. Ouvertement marxistes, ils déroulent une histoire qui n'élude rien des ratés du système, présenté à l'époque (et cela continue) comme le modèle idéalà suivre par toute les sociodémocrates européens. Cela ne les empêche pas de raconter une enquête passionnante qui maintient le suspense jusqu'au bout. Avec une pirouette finale que je vous laisse découvrir.

Le commissaire Martin Beck, héros rpincipal, bien que loin d'être unique de la série, est le père de tous ces flics dépressifs et désabusés qui est la marque de fabrique des auteurs scandinaves. Je pense que le Kurt Wallander de Mankell lui doit beaucoup. Mal dans sa peau de mari et de père, passionné par la marine militaire, le commissaire, sorte de Maigret du Nord mène l'enquête avec méthode mais sans génie. Ce n'est pas Hercule Poirot c'est certain. Le roman n'est pas dépouvu d'humour, surtout lorsqu'il décrit la police suédoise, ses travers et ses insuffisances. Il est entouré par des collègues qui lui sont plus ou moins proches, Kollberg Melander, Larsson, la police c'est un travail d'équipe

La première version publiée par 10/18 avait été traduite de l'anglais, traduction d'une traduction donc. Les dernières traductions ont été revues à partir du suédois et donc plus fidèles à l'original.

Plongez vous dans les aventures de Martin Beck si vous aimez les romans ancrés dans la réalité sociale de leur époque. Ceux qui ont lus mes livres savent que pour moi il n'y a pas mieux.

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