Ce roman ne pouvait que me plaire. Je vous explique pourquoi. Le héros d’Evelyne Judrin, Léon Blum, est un commissaire qui a démissionné de la police judiciaire. Il a des parents, communistes, venus de l’étranger. Il adore flâner dans Paris, en se souvenant de la ville de son enfance qui a bien changé. Il est aidé par un de ses anciens collègues, commissaire divisionnaire, qui, lui, est resté policier. Les lecteurs de mes romans reconnaîtront une partie des 

Sale temps pour les concierges (Les enquêtes de Blum t. 2) par [Judrin, Evelyne]

caractéristiques de mon héros Santiago, bel exemple de convergence de deux inspirations. Mais les similitudes s’arrêtent là, nos deux romans sont très différents, je vous rassure.

Blum, Léon de son prénom suivant une tradition familiale qui ne fait aucun cas de l’histoire française des années trente, est un ex-policier reconverti romancier. Mais il est difficile d’échapper définitivement à son passé. Celui-ci se rappelle à son bon souvenir sous la forme de Baron, Sipo pour les intimes, l’un de ses anciens indics qu’il rencontre par hasard, pense-t-il dans la rue et qu’il invite à venir chez lui.

Lorsque Baron est assassiné, Blum se retrouve bien malgré lui associé au crime par le lieutenant Koblanski de la deuxième DPJ. Ce dernier, qui lui en veut de lui avoir barré jadis la route du 36, quai des Orfèvres, aimerait bien l’inculper de l’assassinat de son ancien ’’tonton’’. Cerise sur le gâteau, si j’ose m’exprimer ainsi, la concierge de l’immeuble où Blum coule des jours heureux entourés de sa femme Malika et de leur fils Henri, meurt poussée dans la cage d’escalier, justifiant le titre du roman. D’autre morts et enlèvements suivront et Blum aura besoin de l’aide de ses anciens collègues pour tenter d’y voir clair dans cet imbroglio.

J’ai littéralement dévoré ce polar. L’intrigue vous prend dès les premières pages et ne vous lâche plus, de surprise en rebondissement jusqu’à la surprise finale. J’ai beaucoup aimé

 le style qui donne un très bon tempo à la narration tout en laissant des pages de respiration nostalgique au lecteur. Les personnages ont t

ous une épaisseur qui nous les rend familiers. Qu’il s’agisse des habitants de l’immeuble, autour duquel tourne l’intrigue, ou des personnes que Blum va rencontrer au cours de son enquête, certains sont hauts en couleur, comme la deuxième concierge du roman Viviane, férue d’informatique et de l’alcool de prune. La famille du héros est très présente et contribue à donner du réalisme au roman.

Bref, une réussite digne des collections les plus prestigieuses. C’est l’avenir que je souhaite à Evelyne Judrin. Lisez-la vous me remercierez de vous l’avoir conseillée. Quant à moi je vais télécharger Il faut bien que la foudre tombe quelque part.